En introduction, je vous recommande de commencer par vous baigner dans le livre de Colette Gouvion, Les bains dans le monde, Un enchantement des sens chez Aubanel .

Kusatsu Onsen, Japan

Cet ouvrage nous invite à un voyage dans l’espace et le temps à la découverte des cultures du bain et de tout ce qui s’y rattache.

Le bain …

Sous toutes ses formes

Avant d’arriver au Japon, j’ai eu l’occasion de découvrir la pratique du hammam au Maroc entre femmes, de m’offrir des cures thermales et de thalassothérapie dans de magnifiques centres en France alliant gastronomie, bien-être et santé et de me réchauffer dans les jacuzzis extérieurs au Canada quand les temperatures flirtaient avec les -30 degrés celsius et que tout paysage aux alentours était recouvert d’un magnifique manteau blanc.

Aux multiples bénéfices pour le corps et l’esprit

En 2016, j’ai contribué à l’élaboration de l’encyclopédie du Spa pour ISPA (International Spa Association) et j’étais responsable des termes Hammam et Thalassothérapie. Mes recherches ont conforté mes impressions sur les bénéfices du bain. Non seulement le bain est relaxant, calmant, un excellent antidote contre le stress mais en fonction de la composition de l’eau, il permet de soulager les rhumatismes, d’améliorer la circulation, de soulager des problèmes de peau allant du psoriasis à l’acné, de soulager les articulations et bien plus encore.

Mais ce n’est que ces dernières années au Japon que l’art du bain a pris toute sa signification pour moi. J’ai découvert les bains publics (sento), les sources thermales volcaniques (onsen) et les bains (furo) dans les spas dans lesquels j’ai pu travailler.

C’est à Matsumoto, contrainte d’utiliser pendant une semaine les bains publics pour me laver que j’ai trouvé en ces lieux réconfort et apaisement. Ma fille venait d’être hospitalisée et je me trouvais là par la force des choses (pas de douche au service des urgences pour les parents accompagnateurs), bouleversée par ce qui venait de nous arriver dans un pays étranger. Mon japonais n’en était encore qu’à ses premiers balbutiements (pas certaine d’ailleurs, qu’il ait beaucoup progressé depuis!) mais mes quelques mots m’ont suffi pour partager avec des femmes japonaises attentives et acceuillantes et pour trouver dans leurs regards un grand soutien. J’ai pu partager ma douleur, évacuer mon stress et reprendre des forces et de l’espoir dans cette eau chaude apaisante et envoutante. Pour la première fois au Japon, je ne me suis pas sentie étrangère. J’ai réalisé que le bain ce n’est pas simplement laver son corps, mais également laver son âme. Souvent l’entrée d’un sento, ressemble d’ailleurs à l’entrée d’un temple. Cette visite au sento pourrait presque s’apparenter à de la méditation.

A la seconde moitié du XXe siècle, ces lieux ont perdu de leur popularité étant donné l’augmentation des salles de bain privées à l’occidentale. Cependant, certains japonais pensent qu’il est important, socialement parlant, de se rendre aux bains publics, selon une théorie qui veut que l’intimité physique permette l’intimité émotionnelle. Et j’ai même eu la chance de rencontrer une française, Stéphanie Crohin qui a reçu le titre d’ambassadrice des sento au Japon et qui essaye elle aussi de soutenir les sento, de les faire connaître dans le Japon et dans le monde entier. Par ailleurs, si le sujet vous intéresse, je vous conseille le film de Ryota Nakano Her love boils hot water.

onsen de nuit en automne

Onsen de nuit, Takayama-shi, Gifu

Plus tard, j’ai découvert les sources thermales d’eau chaudes en famille à Kusatsu et d’autres plus retirées en pleine nature dans les alpes japonaises. Un tout petit échantillon quand on sait qu’il y a plus de 20 000 sources d’eau chaudes (42 degrés celsius) au Japon. Le peu que j’ai vu restera à jamais gravé dans ma mémoire et tout particulièrement les rotenburo en pleine nature dans les alpes japonaises à l’automne ou sous la neige sur l’île d’Hokkaido avec vue sur le Mont Yotei. Ces moments partagés en famille furent de réelles pauses dans nos vies. A chaque fois, ces moments de partage ont resserré nos liens et nous ont permis de nous ressourcer. Certaines fois, nous logions dans un Ryokan assez rustique, auberge campagnarde accolée au onsen, où nous avons gouté aux subtilités de l’art de recevoir à la japonaise, omotenashi.

Se baigner dans ces eaux thermales et contempler la nature environnante apportent un bien-être indescriptible. Mais cette pratique requiert une préparation préalable car le bain japonais est avant tout un rituel dont il faut maîtriser les codes. Je vous recommande la lecture de How to take a Japanese Bath de Suzuki Ikko chez IBC et The Japanese bath de Bruce Smith et Yoshiko Yamamoto chez Gibbs Smith pour vous initier.

Kustasu, Japon

Tendance bien-être

Le Global Wellness Institute a récemment relié la pratique du bain en sources thermales à cinq tendances bien-être. Certaines d’entre elles font échos à ce qui a été dit précédemment, notamment le fait que cette pratique rapproche les communautés, les générations autour de la santé et du bien-être et qu’elles permettent une communion avec la nature. En effet, l’art du bain au Japon fait corps avec les préceptes du Shintoisme et notamment l’harmonie avec la nature. Les onsen sont donc définitivement tendance.

Le bien-être pro-actif et le rôle du Spa

Ofuro du four Seasons à Kyoto

Ofuro au Four Seasons de Kyoto

La plupart de ces bénéfices demandent encore à être promus auprès du grand public et les spas ont ici un rôle à jouer. Pour promouvoir les bienfaits du bain sous toutes ses formes, de nombreuses actions peuvent être envisagées:

  • Partenariats: les spas urbains pourraient développer des partenariats avec des spas proches de sources thermales, des centres de balnéothérapie ou de thalassothérapie. Le spa urbain pourrait co-organiser le voyage pour ses clients. L’occasion pour les clients du spa de se sentir appartenir à une communauté à la recherche du bien-être.
  • Évènements: les spas pourraient organiser des évènements comme une conférence sur le thème des bains en invitant un expert dans le domaine.
  • Les bains saisonniers et culturels au menu: Mettre en avant votre bain si vous en avez un en offrant des bains saisonniers. Ici au Japon, pour le solstice d’hiver, on met des citrons (yuzu) dans le bain. Le 5 mai, à l’occasion de la fête des enfants, qui correspond également à un changement de saison, on met des feuilles d’iris dans le bain (shobu-yu) pour faire fuir les maladies et la malchance. Agrémenter vos offres de bain en fonction des saisons encouragerait certainement la fréquentation. Vous pouvez aussi organiser un mois à thème, par exemple autour du japon et proposer un bain japonais grâce aux sachets de sel de bain Onsen. L’occasion également d’offrir d’autres produits phares japonais à votre clientèle, cosmétiques ou autres.
  • Offre de produits soin à soi-même, selfcare : encourager les clients à prendre des bains chez eux, en leur donnant des astuces pour créer l’ambiance parfaite et leur conseiller des produits pour le bain et l’après-bain. Je ne saurai trop vous recommander les produits de la marques Amayori inspirés du rituel de bain japonais.
tout en hinoki, cyprès du japon

En conclusion, je vous recommande de terminer votre rituel du bain par la lecture d’un bon livre dans une pièce reposante avec une jolie vue et autour d’un bon thé. Je vous conseille Dans les eaux profondes, Le bain japonais d’Akira Mizubayashi.

Et si vous êtes à court d’idées ou si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à faire appel à GlobalSpaTouch pour organiser un événement ou vous aider à rafraîchir votre carte des soins autour du bain.

Bon bain à tous et bonne lecture!